Le Perray en peinture

Le Perray en peinture

Contrairement à Cernay avec sa colonie d’une centaine d’artistes-peintres paysagistes, qui ont représenté le pittoresque des cascades et des rochers, du milieu du XIXe siècle jusqu’à celui du XXe, le Perray en Yvelines qui à la même époque disposait d’auberges aussi réputées, n’a pas à ma connaissance attiré les peintres.

C’était pourtant, à l’époque, une petite cité agricole où les travaux des champs comme partout ailleurs occupaient la population locale avec les caractéristiques propres aux saisons qui voyaient avec les moissons, le battage des blés, le gardiennage des moutons dans la plaine, la rentrée des animaux avec les troupeaux de vaches passant dans la « Grand-rue », les lavandières à l’étang et j’en passe… Ce qui devenait autant de sujets dont le caractère nous est seulement restitué par des cartes postales d’époque.

Désormais, le Perray présente un visage préservé dans son ensemble où des larges espaces de champs, des forêts, deux étangs, un centre-ville avec sa place où église et mairie forment un ensemble architectural cohérent dans lequel le parc municipal et la rue de la Breloque ont conservé leurs aspects du début du siècle.

Il fut un peintre dont j’ai oublié le nom qui dans les années cinquante représenta le village depuis l’étang du Perray alors beaucoup plus étendu qu’aujourd’hui. Ce peintre donna des cours de dessin aux jeunes.

Des artistes Perrotins

Dans son livre « Perray et Perrotins », le Docteur Marest évoquant le artistes, donne les noms de Ernest Asselin dit « le peintre de la fleur » qui ayant pris sa retraite au Perray peignit pour la salle d’honneur de la mairie rénovée en 1959 une composition de grande dimension « la Caravelle » qu’il offre à la commune « où elle se trouve aujourd’hui » (livre publié en 1992).

Il évoque aussi les compositions abstraites de Olivier Restaghini qui ouvrit un atelier de peinture. Et aussi Simone Coquet porcelainière de métier qui « dans le merveilleux jardin qu’elle a créé dans sa propriété » produisit des œuvres dont certaines furent exposées au salon d’automne 1991 (origine de l’actuel « Salon des Arts » créé par Anne-Marie Nadaud adjointe.

Auparavant un conseiller municipal, Roland Devoos (avec deux « o ») avait organisé en 1965, 1966 et 1967 les premiers salons d’automne de peinture.

Lors du salon 1992 , Julienne Brodaz et l’ancienne actrice de cinéma Myno-Burney furent remarquées. Et je m’en tiendrai là car depuis de nombreuses éditions du bulletin municipal, ont donné des compte-rendus détaillés de ce salon annuel avec un catalogue des œuvres exposées.

Signalons aussi Henri Cachau qui eut un atelier avenue de Gare et que l’on connaît surtout depuis à Rambouillet. Il exposa à la bibliothèque (alors située dans les locaux annexes de la mairie construits en 1965), à la salle polyvalente puis dans les locaux de l’imprimerie Sipy 32 rue de Chartres. Il donna aussi, mais je ne sais pas si c’est au Perray, des cours de dessin pour enfants et adultes.

Il faut citer aussi Paulette Caussimon, dont le buste de son mari (œuvre de Sophie Prestigiacomo) figure dans la médiathèque et qui participa à de nombreux salons des arts, ainsi que le couple Robert et François Ventre, que le Dr Marest évoque également dans son ouvrage.

Pour une meilleure visibilité :

Ainsi, notre commune, sans avoir été le phalanstère d’artistes à l’instar de Cernay, mais aussi de Bougival et surtout de l’école de Barbizon à Fontainebleau, accueillit aussi des peintres qui certes n’ont pas la renommée de leurs illustres prédécesseurs, mais on aimerait revoir des œuvres qui représentent leur petite patrie.

A cet égard et dans le contexte de la communauté de communes qui regroupe notre ville, avec Auffargis, les Essarts, Cernay la Ville, entre autres, organiser, pourquoi pas, une exposition sur ce thème des peintres paysagistes, qui illustrèrent notre région.

Et puis, une idée, c’est aussi que les vitrines de nos commerçants, s’ils l’acceptent, puissent accueillir des tableaux et sculptures ayant été exposées au salon des arts 2021, par exemple…

Comme on le voit, demain, le Perray doit par la représentation picturale, contribuer à ce tourisme de proximité dont la crise sanitaire révèle qu’il se développe.

Car l’histoire est là pour nous rappeler aussi que notre région vit avec « l’École de Rambouillet » au début du siècle, groupée autour de Pierre Prins qui fut un ami de Manet, des peintre soucieux avec « la salon au village », d’un décentralisation artistique qui reste encore à améliorer.

Jean-luc Simon